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Coût de production compétitif, main-d’œuvre qualifiée et francophone, proximité de l’Europe : la Tunisie attire chaque année des investisseurs étrangers qui souhaitent y implanter une structure tournée vers l’export. Encore faut-il choisir la bonne forme juridique et suivre un parcours administratif précis, aujourd’hui largement dématérialisé.

Ce guide décrit, étape par étape, comment créer une société offshore en Tunisie, avec les repères concrets de capital, de délais et de régime fiscal.

En résumé

Créer une société offshore en Tunisie consiste à constituer une société — le plus souvent une SARL ou une SUARL — placée sous le régime totalement exportateur, c’est-à-dire réalisant au moins 80 % de son chiffre d’affaires à l’export. Le capital minimum est de 1 000 dinars pour une SARL ou une SUARL. Le parcours passe par la réservation de la dénomination, la rédaction des statuts, l’immatriculation au Registre National des Entreprises (RNE), l’ouverture d’un compte bancaire et le dépôt du capital, puis l’affiliation à la CNSS. Grâce à la dématérialisation, une société non réglementée peut être créée en quelques jours ouvrables. Un accompagnement professionnel sécurise le choix du régime et des formalités.

Quelle forme juridique choisir pour une société offshore ?

Le choix de la forme dépend du nombre d’associés, du capital mobilisable et du niveau de gouvernance souhaité. Pour la plupart des projets export, la SARL et sa version unipersonnelle, la SUARL, suffisent largement.

La création d’une société offshore en Tunisie gagne à être préparée avec un cabinet d’expertise comptable : le choix du statut et du régime fiscal conditionne durablement la fiscalité et les obligations de la structure. Se tromper au départ coûte plus cher à corriger ensuite.

Forme Capital minimum Associés Usage typique
SUARL 1 000 DT 1 associé Entrepreneur individuel, filiale à 100 %
SARL 1 000 DT 2 associés min. PME, coentreprise
SA 5 000 DT 7 actionnaires min. Projets d’envergure, levée de fonds

Repères de capital minimum par forme sociale — hors frais annexes de constitution.

Les étapes de la constitution

Depuis la création du Registre National des Entreprises (RNE), l’immatriculation est centralisée et dématérialisée. Une société n’existe juridiquement qu’une fois inscrite à ce registre. Voici l’enchaînement type.

  1. Réserver la dénomination — vérifier la disponibilité du nom et obtenir le certificat auprès du RNE.
  2. Rédiger les statuts — fixer la forme, l’objet, le capital et le régime fiscal (dont le régime totalement exportateur).
  3. Déclaration d’investissement — obtenir, si l’activité le requiert, l’attestation auprès de l’organisme compétent (APII, APIA, CEPEX…).
  4. Immatriculer au RNE — déposer le dossier et obtenir l’identifiant unique qui remplace l’ancienne matricule fiscale.
  5. Ouvrir le compte et déposer le capital — compte professionnel en dinars, dinars convertibles ou devises selon le régime.
  6. Affilier à la CNSS — déclarer la société et ses futurs salariés à la sécurité sociale avant le démarrage.

Pour une activité non réglementée et un dossier complet, le délai d’immatriculation se compte en jours ouvrables plutôt qu’en semaines, ce qui constitue un vrai progrès par rapport à l’ancien circuit papier.

Quels frais prévoir pour la constitution ?

Au-delà du capital social, la création d’une société génère des frais annexes qu’il vaut mieux anticiper. Ils restent modérés, surtout au regard des avantages du régime exportateur.

  • Enregistrement des statuts : de l’ordre de 150 dinars, auxquels s’ajoutent les droits de timbre.
  • Immatriculation au RNE : frais d’inscription et délivrance des extraits officiels du registre.
  • Publication légale : l’annonce se fait désormais au Bulletin officiel du RNE (BORNE), qui a remplacé le JORT.
  • Honoraires d’accompagnement : variables selon le cabinet, ils couvrent le conseil, la rédaction des statuts et le suivi des formalités.

Bon à savoir : les entreprises créées par de nouveaux promoteurs peuvent, sous conditions, bénéficier d’une exonération d’impôt sur les sociétés pendant plusieurs années — un levier à intégrer dès le plan de financement.

Régime offshore : ce que change le statut exportateur

Opter pour le régime totalement exportateur, c’est placer la société dans un cadre assimilé à la zone franche. Cela emporte plusieurs conséquences pratiques dès la constitution.

  • Fiscalité : impôt sur les sociétés réduit à 10 % sur les bénéfices d’exportation.
  • Compte en devises : possibilité d’ouvrir un compte professionnel en devises ou en dinars convertibles.
  • Douane : facilités sur les intrants importés destinés à être transformés puis réexportés.
  • Charges sociales : cotisation patronale CNSS de 16,57 % pour les sociétés totalement exportatrices.

Le regard d’Horizons Audit & Consulting

Spécialisés dans la constitution de structures offshore, nous accompagnons depuis plus de vingt ans des investisseurs étrangers, avec un cabinet situé au Centre Urbain Nord de Tunis, à trois minutes de l’aéroport Tunis-Carthage.

Notre expérience montre que les blocages viennent rarement des formalités elles-mêmes, mais d’un choix de régime mal calibré en amont. Cadrer le projet avant de déposer le dossier fait gagner des semaines.

Cabinet inscrit à l’OECT — repères à jour en 2026, à confirmer selon la loi de finances applicable.

Questions fréquentes (FAQ)

Quel capital minimum pour créer une société en Tunisie ?

Le capital minimum est de 1 000 dinars pour une SARL ou une SUARL, et de 5 000 dinars pour une société anonyme. L’entreprise individuelle, elle, n’exige aucun capital minimum.

Qu’est-ce qu’une société offshore en Tunisie ?

C’est une société placée sous le régime totalement exportateur, réalisant au moins 80 % de son chiffre d’affaires à l’export. Elle relève du régime de la zone franche et de ses avantages fiscaux.

Combien de temps faut-il pour créer la société ?

Pour une activité non réglementée et un dossier complet, l’immatriculation au RNE se compte en jours ouvrables. Les délais s’allongent si l’activité nécessite une autorisation préalable.

Un étranger peut-il détenir 100 % d’une société tunisienne ?

Oui, notamment sous le régime totalement exportateur, où la détention étrangère est courante. Certaines activités restent toutefois soumises à autorisation ou à des conditions particulières.

Faut-il un commissaire aux comptes dès la création ?

Pas nécessairement. L’obligation dépend de la forme et du franchissement des seuils légaux. En revanche, un apport en nature important peut requérir l’intervention d’un commissaire aux apports.

Peut-on ouvrir un compte en devises ?

Oui. Les sociétés sous régime exportateur peuvent ouvrir un compte professionnel en devises ou en dinars convertibles, ce qui facilite les flux avec l’étranger.

Conclusion

Créer une société offshore en Tunisie est aujourd’hui un parcours balisé : une SARL ou une SUARL au capital de 1 000 dinars, une immatriculation dématérialisée au RNE et un régime totalement exportateur qui ouvre droit à un IS réduit à 10 %.

La difficulté ne réside pas dans les formalités, mais dans les choix de structuration qui les précèdent. Se faire accompagner par un cabinet spécialisé, c’est sécuriser le régime fiscal et éviter les corrections coûteuses.